Alors que le coût de l’épicerie continue de grimper et que les banques alimentaires font face à une demande croissante, RECYC-QUÉBEC tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur du gaspillage alimentaire dans la province.
Selon la société d'État créée en 1990 dont le mandat est de faire du Québec un modèle de gestion durable des matières résiduelles, chaque année, quelque 1,2 million de tonnes d’aliments comestibles sont perdus ou gaspillés dans la province, entraînant des conséquences économiques, sociales et environnementales considérables.
Selon des données récentes, ce gaspillage génère environ 3,6 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de 4 % des émissions totales du Québec. Une situation qui survient alors que les ménages québécois subissent de plein fouet la hausse du coût de la vie. En effet, d’après le Rapport annuel sur les prix alimentaires, la facture alimentaire d’une famille de quatre personnes devrait dépasser les 17 000 $ en 2026. Malgré cette réalité, le gaspillage alimentaire évitable représente encore environ 58 milliards de dollars par année au Canada, selon Deuxième Récolte, le plus grand organisme de récolte alimentaire au pays.
Des décideurs réunis pour trouver des solutions
Face à ce constat, RECYC-QUÉBEC souhaite encourager l’adoption de solutions concrètes afin que les familles maximisent l’utilisation des aliments qu’elles achètent. Dans cette optique, la société d’État a réuni vendredi une cinquantaine de dirigeants, de décideurs issus de différents secteurs et d’experts lors de l’événement Le gaspillage alimentaire au Québec : comprendre pour mieux agir.
La rencontre visait à mieux comprendre les causes du gaspillage alimentaire et ses répercussions, tout en identifiant des pistes d’action susceptibles d’accélérer le changement à l’échelle de l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les discussions ont notamment porté sur les mesures gouvernementales, les initiatives des entreprises, l’innovation, la récupération alimentaire et la sensibilisation du public.
« Le gaspillage alimentaire se manifeste partout dans la chaîne de valeur. Pour le réduire durablement, nous devons agir en amont et mieux comprendre les réalités propres à chaque secteur et faire converger les efforts. En réunissant les personnes qui ont la capacité d'agir sur les pratiques, les perceptions et les façons de faire, cela nous permet de dépasser les constats et de mieux cibler les interventions sur lesquelles RECYC-QUÉBEC et ses partenaires peuvent avoir le plus d'impact, » a déclaré Emmanuelle Géhin, présidente-directrice générale de RECYC-QUÉBEC.
La confusion des dates « meilleur avant » pointée du doigt
Parmi les enjeux soulevés lors de l’événement, la méconnaissance des dates « meilleur avant » demeure un facteur important de gaspillage. Selon Deuxième Récolte, cette confusion serait responsable de 23 % du gaspillage alimentaire évitable.
Au Québec, seulement 26,3 % des personnes saurait que la mention « meilleur avant » ne constitue pas un indicateur de salubrité alimentaire, mais plutôt de qualité optimale du produit. Cette mauvaise compréhension conduit de nombreux consommateurs à jeter des aliments qui demeurent pourtant propres à la consommation.
