La publication du rapport du coroner Daniel Riverin sur le décès de deux résidentes du CHSLD de la Colline, à Chicoutimi, suscite de vives réactions au sein de la FIQ-Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
L'organisation syndicale estime que le gouvernement doit aller au-delà des recommandations formulées dans le rapport et s'attaquer aux problèmes structurels qui, selon elle, fragilisent le réseau de la santé, notamment le manque de personnel.
La présidente de la division régionale de la FIQ, Julie Boivin, affirme que les constats du coroner, mettant en lumière des situations de maltraitance envers des personnes âgées vulnérables, entraînent des conséquences difficiles tant pour les familles des victimes que pour les travailleuses du réseau.
« Il faut s’assurer que le personnel a tous les outils en main pour faire de ce milieu de vie, un milieu sécuritaire où la qualité et la sécurité des soins sont assurées et qu’il puisse porter la voix des patients les plus vulnérables au sein du réseau de la santé », a déclaré Julie Boivin.
L'organisation interpelle également la députée de Chicoutimi et ministre de la Santé, de la Prévention et des Aînés, Marie-Karlynn Laflamme. Elle lui demande de prendre acte des conclusions du rapport et de mettre en place des mesures concrètes afin d'assurer la sécurité tant des personnes hébergées que du personnel soignant.
Un manque de personnel
Rappelons que le rapport du coroner Riverin rendu public au mois d’octobre souligne notamment que le décès d'une résidente, survenu en décembre 2025, s'est produit alors que l'établissement fonctionnait sous un plan de contingence, une situation caractérisée par un ratio employées-usagers jugé insuffisant. Pour la FIQ, ce constat rappelle des problématiques déjà soulevées dans le passé.
Le syndicat rappelle qu'en 2022, la coroner Géhane Kamel avait elle aussi mis en évidence les conséquences du manque de personnel dans le cadre de son enquête sur des décès survenus en CHSLD durant la pandémie de COVID-19. Elle avait alors recommandé l'instauration de « ratios sécuritaires » afin d'assurer une meilleure qualité des soins.
« Chaque fois qu'un rapport met en évidence des problèmes de surveillance, la même question revient : y avait-il suffisamment de professionnelles en soins présentes pour intervenir rapidement? Assurer une fois pour toutes la sécurité des patients passera inévitablement par l'instauration de ratios sécuritaires obligatoires. », conclut Julie Boivin.
