À la publication de cette chronique, il restera moins de trois semaines avant de se présenter aux différents pôles de vote à l’élection fédérale partielle du 31 août.
Avec le départ du député conservateur, Richard Martel vers les banquettes du Sénat, la circonscription électorale de Chicoutimi-Le Fjord se trouvait orpheline. Et devant l’imminence du début de la campagne électorale provinciale au début de septembre, il semble que ce soit la seule fenêtre qui s’ouvrait pour la tenue de cette partielle.
La conjoncture fait en sorte que beaucoup d’électeurs ne s’y retrouveront pas. D’autant que le dévoilement des candidatures pour les partis politiques du Québec, entrecoupé de la présentation des candidats à l’élection partielle, ajoute forcément à la confusion.
À qui profite la confusion?
Pour sa part, le Bloc Québécois a su saisir l’opportunité. Le lettrage de ses panneaux électoraux fédéraux insiste davantage sur le mot QUÉBÉCOIS que sur le sigle BLOC. Sur la scène québécoise, le Parti Québécois devance le Parti Libéral dans les sondages. Les interventions du chef du Bloc, Yves-François Blanchet, y sont pour quelque chose, par leur appui senti à celles de son homologue du Parti Québécois.
Dans la seule circonscription électorale au Québec où se tient cette élection partielle, les récents sondages semblent indiquer que bloquistes et libéraux sont aussi nez à nez. Ce qui expliquerait que les libéraux ont appelé leur chef Mark Carney à la rescousse à Saguenay la semaine dernière.
À qui s’en prendre?
Dans leurs interventions de campagne, le candidat du Parti Conservateur fédéral, Régis Gaudreault, et celui du NPD Raphaël Émond, ne semblent plus savoir à qui s’en prendre: aux libéraux de Mark Carney ou au parti qui mène dans les sondages, le Bloc d’Yves-François Blanchet. Là aussi on semble vivre dans l’embarras. Alors, imaginez chez les électeurs.
De plus, ce qui n’a rien pour simplifier le choix des électeurs, les présentes partielles se tiennent à peine 16 mois après les dernières élections fédérales générales de 2025. Or, mis à part le candidat du NPD, les noms des candidats ne sont plus les mêmes et vu l’étendue du territoire, on peut se demander si les quelque 65 000 personnes admissibles auront le temps de se faire une idée.
Conjoncture difficile
À l’élection partielle de juin 2018, où l’ex-conservateur Richard Martel l’avait facilement remporté, seulement 36,5% des électeurs avaient exercé leur droit de vote. Est-ce qu’on
peut espérer faire déplacer plus de 20 000 personnes le 31 août prochain? Dans Chicoutimi-Le Fjord, on obtient fréquemment, aux élections générales, un taux de participation d’au-delà 60%, pour envoyer un représentant à la Chambre des Communes. Cette année, la conjoncture économique provoquée par les pressions exercées par notre voisin du Sud devrait pousser plus de monde vers les lieux de scrutin. Il faudra donc que les partis insistent sur les véritables enjeux de cette élection. Les négociations avec les EU ne se limitent pas à la question de l’offre: n’oublions pas celles du bois et de l’aluminium qui touchent une large part des travailleurs de la région.