Mercredi, 21 février 2024

Chroniques

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Vision ou utopie la transition énergétique?

Le 04 janvier 2024 — Modifié à 13 h 50 min le 04 janvier 2024
Par Richard Banford

Vision ou utopie la transition énergétique?

Le chassé-croisé des négociations du secteur public avec le gouvernement du Québec a mis un peu dans l’oubli la transition énergétique promise par le premier ministre François Legault. Il s’agit pourtant du plus grand projet annoncé par le PM depuis son arrivée au pouvoir. François Legault qualifie lui-même d’investissement historique les milliards de dollars consacrés à la décarbonisation de l’économie québécoise. Un plan de cinq ans ne visant ni plus ni moins qu’une économie verte pour 2030.

En cette veille de l’an 2024, on ne peut que souhaiter que son plan pour une économie verte se réalise pour le plus grand bien de la planète. Mais, plus le temps passe, plus le scepticisme gagne la faveur du public qui n’a d’égal que la ferveur du PM pour tout ce qui a trait à l’électrification.

Des milliards investis

Passant de la parole aux actes, le gouvernement du Québec s’entend avec son homologue fédéral pour investir près de 3G $ dans une usine suédoise de fabrication de batteries pour voiture qui s’installe en Montérégie. Et si on tient compte des montants à venir pour les incitatifs à la production une fois l’usine rendue fonctionnelle, le montant investi par les deux paliers de gouvernement pourra atteindre 7G $.

L’enthousiasme débordant de M.  Legault lui fait dire à l’occasion de l’annonce du 28 septembre dernier : « C’est le plus grand investissement manufacturier de toute l’histoire du Québec. Ce n’est quand même pas rien ! » Bien sûr M. Legault, et c’est sans compter les 30 autres milliards, dont 15 ont déjà été alloués à un lot d’entreprises gravitant autour de la fabrication de batteries au Lithium-ion. Une grosse partie de cette somme est consentie en prêt remboursable que le ministre Pierre Fitzgibbon voit revenir dans les coffres de l’État vers 2029.

Carboneutralité

Rappelons au départ que l’idée d’électrifier les transports au Québec se veut une solution pour atteindre les objectifs de carboneutralité de la province afin de contribuer à la réduction de nos empreintes écologiques en vue de freiner le réchauffement de la planète et tous les bouleversements climatiques qu’il entraîne. Or pour atteindre cet objectif, Québec favorise l’électrification des transports qui passe par la fabrication de batteries. Alimenter ces batteries exige de l’électricité, beau[1]coup d’électricité.

Sans oublier toute l’énergie qu’il faudra déployer pour trouver le lithium contenu dans le phosphate, la production d’électricité au Québec ne devra pas moins que doubler pour en arriver à une carboneutralité en 2050.

Il faudra construire d’autres barrages ou compenser avec la mise en place d’usines de fabrication d’électricité au nucléaire et même au charbon, ce qui a directement à l’encontre du principe de la réduction des énergies fossiles.

Utopiste ou visionnaire

Plus on avance dans la recherche de solution pour combattre les émissions de CO2, plus on découvre que la mobilité électrique fait appel à de plus en plus de ressources critiques pour sa fabrication et ses recharges. Sans compter que ces nouveaux véhicules ne réduiront en rien le trafic routier et tous les déploiements des infrastructures routières qu’il faudra bien continuer à entretenir.

Alors l’enthousiasme du premier ministre Legault tient-il de l’utopie ou notre chef d’État est-il un visionnaire ? C’est à cette question que 2024 devra être en mesure de répondre.

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