En seulement six mois, les Chevaliers de Colomb de Saint-Ambroise ont pu distribuer 900 repas à des personnes vivant de l’insécurité alimentaire dans quatre municipalités du secteur. Baptisée « La Bouffe ambroisienne », l’initiative est née d’une volonté d’aider concrètement les gens qui peinent à joindre les deux bouts.
« Une des caractéristiques des Chevaliers de Colomb, c’est de faire de la chevalerie. Ça veut dire aider les autres », résume le grand chevalier Mario Fortin.
Depuis le 30 novembre dernier, trois équipes composées de cinq à six bénévoles se sont réunies à tour de rôle pour préparer des repas cuisinés.
« Ce sont des frères chevaliers, souvent accompagnés de leurs conjointes. Chaque mardi matin, ils viennent cuisiner. On fait ça bénévolement, on a du plaisir ensemble et on aide la communauté. »
Les repas sont ensuite remis au Centre de services du Mieux-Vivre, qui se charge de les servir aux personnes dans le besoin venant de Saint-Ambroise, Shipshaw, Bégin ou Saint-Charles Boromée.
Le bilan dépasse les attentes.
« On s’était accordé un budget de 10 000 $. Quand j’ai présenté mon rapport à l’exécutif le 15 mai, on avait produit 900 repas en six mois, souligne Mario Fortin. »
Grâce à plusieurs dons alimentaires, les coûts sont demeurés très faibles. Mario Fortin a notamment pu compter sur ses anciens contacts du milieu de l’alimentation.
« Le Club Entrepôt nous a donné pour environ 1 100 $ de nourriture. Ce sont souvent des produits qui approchent de leur date de consommation, mais qui sont encore parfaitement bons. »
Au total, les Chevaliers de Colomb n’ont déboursé que 1 632 $ pour produire les 900 repas.
3,76$ par portion
« Ça représente environ 3,76 $ par portion. »
Au menu figurent des plats simples, nourrissants et appréciés : tourtières, macaroni à la viande, pâté chinois, pâtés au poulet ou au saumon, ragoûts, sauces à spaghetti et boulettes de bœuf.
« On prépare des mets qui ne coûtent pas trop cher et que les gens aiment manger. »
Pour le directeur du Centre de services du Mieux-Vivre Olivier Pineault, ce partenariat est précieux.
« Contrer l’insécurité alimentaire fait partie de notre mission. En plus de répondre à des besoins essentiels, ce projet stimule le bénévolat et mobilise la communauté. »
Les bénéficiaires sont identifiés à la suite d’évaluations réalisées par les intervenants de l’organisme.
Des besoins énormes
« Les besoins sont énormes, particulièrement en milieu rural. On parle d’alimentation, mais aussi de transport et d’accès aux services. Les réalités sont souvent plus complexes qu’on le pense », mentionne Olivier Pineault.
Selon lui, les commentaires reçus sont très positifs.
« Les gens sont contents. Et quand les bénévoles viennent cuisiner chez nous, tout le monde est de bonne humeur et ça sent bon. On ne peut pas demander mieux. »
Fort du succès obtenu jusqu’à maintenant, Mario Fortin souhaite maintenant voir le modèle se répandre ailleurs dans la région. Des discussions sont déjà en cours afin de mettre sur pied de nouvelles équipes dans d’autres communautés.
« Si chaque municipalité pouvait avoir son petit groupe qui cuisine pour ses citoyens, ce serait extraordinaire. Nous, on veut partager notre expérience et aider les autres à démarrer. »
Pour le grand chevalier, la recette est simple : quelques bénévoles motivés, une cuisine fonctionnelle et beaucoup de générosité.
« Des gens de 80 ans viennent éplucher des pommes de terre et repartent avec le sentiment d’être utiles. On s’amuse et, en même temps, on aide la société. »