Alors que plusieurs locataires s’apprêtent à déménager, le marché locatif de Saguenay continue de se resserrer, confirmant une tendance amorcée depuis plusieurs années.
Selon les données de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation, déjà sous le seuil d’équilibre de 3 % en 2020, a poursuivi sa chute pour atteindre 1,3 % en 2025, contre 2,8 % cinq ans plus tôt.
La région métropolitaine de recensement (RMR) de Saguenay serait d’ailleurs la seule au Québec à avoir enregistré une baisse de son taux d’inoccupation au cours de la dernière année, souligne l’organisme Loge m’entraide.
Des ménages toujours à risque
Les effets de cette pénurie de logements se font d’ailleurs sentir plus que jamais sur le terrain. Au 1er juin 2026, 57 ménages locataires avaient fait appel au Service d’aide à la recherche de logement de l’Office municipal d’habitation (OMH) de Saguenay alors que plusieurs d’entre eux risquaient de se retrouver sans logement à l’approche du 1er juillet. En date du 25 juin, 7 ménages cherchaient toujours un logement permanent. Certains sont actuellement hébergés temporairement.
De son côté, Loge m’entraide indique avoir reçu 10 demandes d’aide supplémentaires de locataires en situation précaire. Tous ont été référés vers l’OMH.
« Différentes raisons ont conduit ces 10 ménages à la recherche désespérée d’un loyer cette année ! Par exemple, on y retrouve un prix de loyer devenu trop cher, une séparation, une naissance, une expulsion, un propriétaire menaçant, une violence conjugale et autres. », a expliqué Sonia Côté.
Des solutions temporaires, mais une crise durable
Si l’OMH assure que personne ne devrait se retrouver à la rue le 1er juillet, notamment grâce à des mesures d’hébergement temporaire, ces interventions ne règlent pas le problème à la source, insiste Mme Côté.
« Un logement temporaire en situation d’urgence, c’est heureux et il faut saluer les efforts de l’OMH pour que personne ne soit à la rue ! Mais sous un angle politique plus large du problème, la crise du logement qui se répète année après année depuis 5 ans ne peut plus durer pour les locataires qui en sont victimes ! ».
Des engagements politiques demandés à l’approche des élections
Face à cette situation, Loge m’entraide appelle à des engagements concrets de la part des partis politiques provinciaux, en prévision des prochaines élections à l’automne. L’organisme affirme avoir déjà sollicité des rencontres avec les chefs de partis pour faire valoir ses revendications.
Parmi celles-ci, la création de 10 000 logements sociaux par année pendant 15 ans à l’échelle du Québec figure en tête de liste. L’organisation demande également l’instauration d’un véritable contrôle des loyers afin de freiner la hausse des prix.