L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a été condamnée à verser une somme de 25 000 $ à un enseignant de l’Unité d’enseignement en études littéraires, au sein du Département des arts, des lettres et du langage (DALL).
Cette décision, rendue le 15 mai par le Tribunal d’arbitrage, met en lumière des manquements de l’employeur dans le traitement d’une plainte interne liée à un contexte de tensions entre deux enseignants.
Dans sa décision, l’arbitre Pierre-Georges Roy conclut que l’établissement universitaire n’a pas offert à l’enseignant l’occasion de présenter sa version des faits, rapporte Radio-Canada. L’UQAC a depuis déposé une demande de révision de la décision.
Les événements remontent à décembre 2023, lorsqu’une enseignante du même département a déposé une plainte pour conduite vexatoire contre son collègue. Peu de temps après, l’enseignant ciblé a lui-même signalé à la direction qu’il s’estimait victime de harcèlement psychologique de la part de collègues.
Or, selon l’analyse de l’arbitre, les allégations formulées par la plaignante auraient été traitées comme des faits avérés, sans qu’une validation adéquate ne soit effectuée auprès de l’enseignant mis en cause.
Le juge Pierre-Georges Roy précise toutefois que son mandat ne portait pas sur l’existence ou non d’un harcèlement psychologique. La décision se limite plutôt à évaluer la manière dont l’UQAC a traité la situation. À ce titre, il a déterminé qu’une somme de 25 000 $ devaient être accordés à l’enseignant pour compenser le préjudice subi.
Médiation et interventions externes
Dans la foulée de ces événements, les deux enseignants concernés ont entamé, au début de l’année 2025, un processus de médiation afin de tenter de résoudre le conflit lié aux allégations de harcèlement psychologique.
Parallèlement, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a ouvert une enquête portant sur les risques psychosociaux au sein du DALL. La CNESST a aussi sommé l’UQAC de mettre en place une formation destinée à améliorer ses processus d’enquête lors d’allégations de harcèlement psychologique.
De plus, le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAC et la direction de l’université ont entrepris des démarches auprès du gouvernement du Québec dans l’objectif de renforcer leurs pratiques et d’améliorer la gestion des relations de travail, particulièrement dans des contextes de conflits exacerbés.