Après plusieurs mois de travaux, la Coalition Fjord dresse un bilan nuancé de sa participation à la Table de concertation sur la création d’une aire marine protégée en amont du fjord du Saguenay, entre le Cap au Leste et la Rivière Valin.
Les discussions, tenues de septembre 2025 jusqu’au 20 mai dernier, n’ont pas permis de dégager un consensus entre les 25 acteurs concernés, mais le collectif citoyen maintient que le projet demeure essentiel pour l’avenir de cet écosystème unique.
Selon la Coalition, le Saguenay et son fjord constituent un « bien collectif inestimable » qu’il est impératif de préserver. L’organisation estime que l’octroi d’un statut d’aire marine protégée permettrait de mieux concilier les différents usages de cet espace, d’assurer sa protection pour les générations actuelles et futures et d’accorder l’attention nécessaire aux écosystèmes qu’il contient.
Le collectif met également de l’avant les retombées concrètes qu’un tel statut pourrait engendrer. Parmi celles-ci, un effet incitatif pour l’État à investir dans des infrastructures municipales visant à réduire les déversements d’eaux usées dans le fjord et dans la lutte contre les espèces exotiques envahissantes.
Au-delà des aspects environnementaux, la Coalition Fjord voit dans ce projet un levier de développement socio-économique durable. L’établissement d’une aire protégée permettrait, selon elle, d’assurer une meilleure surveillance des activités humaines tout en favorisant la collecte de données scientifiques. Ces informations porteraient notamment sur l’état de la biodiversité, la présence d’espèces menacées, leurs sources d’alimentation ainsi que leurs aires de reproduction et de fréquentation.
« Ces données sont actuellement insuffisantes et elles sont indispensables si l’on désire que notre joyau collectif, qu’est le Fjord et le Saguenay en général, soit profitables à tous, et en premier lieu pour le maintien de la vie qui s’y trouve. », a déclaré le collectif dans un communiqué de presse.
Un consensus introuvable?
Malgré ces arguments, la dernière rencontre de la Table de concertation a mis en lumière d’importantes divergences. La Coalition Fjord déplore particulièrement l’opposition exprimée par la MRC du Fjord-du-Saguenay et la ville de Saguenay, ainsi que par l’entreprise Rio Tinto et le Club de Yacht de Chicoutimi. De leur côté, Port Saguenay et Arianne Phosphate ont demandé l’exclusion d’une portion jugée significative du territoire envisagé pour l’aire marine protégée.
Une demande que le collectif juge difficile à concilier avec les objectifs de protection, considérant que la proposition prévoyait déjà des exclusions pour les sites portuaires existants et autorisés, de même que pour les marinas, afin de tenir compte des activités économiques en place.
Une décision attendue en 2027
La décision finale reviendra au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, qui devrait trancher au début de l’année 2027. D’ici là, l’incertitude plane quant à l’avenir du projet.
En l’absence d’un consensus clair, la Coalition Fjord entend intensifier ses efforts. Le collectif annonce vouloir entreprendre une vaste campagne de sensibilisation et de mobilisation afin de convaincre le gouvernement de l’importance de créer une aire marine protégée en amont du fjord.