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Québec fait des CLSC la nouvelle porte d’entrée du système de santé

Le 27 mars 2026 à 13 h 00
Par Émile Boudreau - Journaliste

Québec a dévoilé, le 27 mars, sa nouvelle politique sur les soins et services de première ligne, une réforme qui vise notamment à faire des centres locaux de services communautaires (CLSC) la principale porte d’entrée du réseau de la santé. L’annonce a été faite par la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, entourée de ses adjointes parlementaires Shirley Dorismond, Nancy Guillemette et Catherine Blouin.

Selon le gouvernement, cette politique est le fruit d’un travail de collaboration mené au cours de la dernière année avec l’ensemble des acteurs du milieu de la santé et s’inscrit dans la continuité de la transformation du réseau amorcée dans les dernières années.

« Une transformation profonde et durable de la première ligne comme celle que nous avons entreprise ensemble requiert du temps, un engagement, une mobilisation de tous les partenaires et une bonne coordination des actions à mettre en œuvre. J'entends bien rallier tout le monde autour de ce projet porteur au cours des prochains mois pour que nous poursuivions ensemble, dans la bonne direction, pour offrir à chaque personne le bon soin, au bon moment, par le bon professionnel. », a déclaré la ministre Sonia Bélanger.

Le CLSC comme nouvelle porte d'entrée pour la première ligne

Au cœur de la réforme se trouve la volonté du gouvernement de mieux orienter les patients au bon endroit pour obtenir les soins dont ils ont besoin. Pour ce faire, les CLSC deviendront la porte d’entrée universelle pour les soins et services de première ligne. L’objectif de Québec est d’offrir une alternative aux salles d’urgence pour de nombreux problèmes de santé qui peuvent être pris en charge autrement.

D’ici cinq ans, le gouvernement prévoit de mettre en place 205 portes d’entrée à travers la province. À l’heure actuelle, 88 d’entre elles sont déjà actives dans plusieurs régions, dont la Capitale-Nationale, l’Estrie, Montréal, l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, les Îles-de-la-Madeleine, Laval et Lanaudière.

Une affiliation territoriale pour chaque citoyen

De la même manière qu’une famille est affiliée à un centre de services scolaire, à terme, chaque citoyenne et chaque citoyen sera rattaché à un territoire de CLSC, puis à un milieu de soins de proximité, comme un groupe de médecine de famille, une clinique médicale ou une clinique d’infirmières praticiennes spécialisées.

Chaque personne aura alors accès à une personne répondante chargée de l’accompagner et de l’orienter vers les services requis, selon ses besoins. Québec estime que ce mécanisme permettra d’améliorer la prise en charge globale de la population, d’augmenter le nombre de rendez-vous disponibles et d’assurer un meilleur suivi des patients.

« Avec la mise en place de cette première politique, le Québec se dote de moyens très concrets pour mieux rejoindre les Québécoises et les Québécois en recentrant les services sur les besoins de chaque personne. L'entrée dans le parcours de service sera plus facile, agréable et mieux adaptée à la réalité concrète des usagers et usagères, quels que soient leur âge, leur condition, ou leurs enjeux personnels. », a affirmé la députée de Roberval, Nancy Guillemette.

Des outils technologiques et un nouveau mode de financement

Québec assure que sa transformation de la première ligne sera soutenue par l’introduction de nouveaux outils visant à améliorer la navigation dans le réseau, l’accès aux soins et l’échange d’information entre les professionnels. Un filtre de pertinence adapté à chaque territoire sera notamment déployé afin de diriger les usagers vers les bons professionnels de la santé.

Par ailleurs, un changement au financement des groupes de médecine de famille entrera en vigueur dès le 1er avril. Le gouvernement affirme que cette modification permettra de mieux partager la responsabilité populationnelle sur un même territoire, en collaboration avec les partenaires municipaux, scolaires et communautaires.

En parallèle, Québec a déployé une vaste mobilisation afin d’inscrire 500 000 personnes supplémentaires auprès d’une professionnelle ou d’un professionnel de la santé d’ici la fin juin 2026.

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