Économie

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Guerre tarifaire

Québec déploie de nouvelles mesures pour protéger son économie

Le 08 septembre 2026 — Modifié à 10 h 10 min
Par Émile Boudreau - Journaliste

Afin de limiter les répercussions des nouveaux droits de douane américains sur les entreprises québécoises, le gouvernement du Québec a annoncé une série de mesures visant à favoriser l'achat local, soutenir les PME et renforcer l'économie de la province.

Québec affirme également être prêt à réagir à toute nouvelle escalade du conflit commercial qui oppose le Canada aux États-Unis. Rappelons que le 22 août dernier, l'administration américaine a imposé des droits de douane de 50 % sur une vaste gamme de produits canadiens. En réponse, le gouvernement fédéral a mis en place des contre-tarifs qui sont entrés en vigueur aujourd'hui.

Par décret, le gouvernement québécois autorise désormais le Centre d'acquisitions gouvernementales à recourir à des stratégies contractuelles favorisant davantage les entreprises d'ici. Il pourra notamment réserver certains appels d'offres aux entreprises possédant un établissement au Québec ou au Canada. Les contrats pourront également exiger que les biens soient produits ou transformés localement. Une marge préférentielle pouvant atteindre 15 % sera aussi accordée en fonction de la valeur ajoutée québécoise ou canadienne.

Québec souhaite par ailleurs que les sociétés d'État adoptent elles aussi une stratégie d'achat québécois dans le contexte actuel. Pour y parvenir, le gouvernement leur permettra de déroger à certaines dispositions de la Loi sur les contrats des organismes publics. Des discussions administratives sont déjà en cours à cet effet.

Dans le secteur de la construction, de nouvelles exigences seront imposées pour les contrats de moins de 9,2 millions de dollars. Le ministère des Transports et de la Mobilité durable, Santé Québec ainsi que la Société québécoise des infrastructures devront s'assurer qu'au moins 15 % de la valeur des matériaux et équipements utilisés provient du Québec ou du Canada.

Le gouvernement entend également soutenir les entreprises qui souhaitent diversifier leurs marchés. Une équipe spécialisée sera mise en place pour accompagner les PME québécoises dans leurs démarches visant à percer les marchés des autres provinces canadiennes, trouver de nouveaux acheteurs, décrocher des contrats et remplacer certaines fournitures américaines par des produits locaux. Cette initiative sera pilotée par Investissement Québec International, en collaboration avec le Secrétariat du Québec aux relations canadiennes et les organismes régionaux d'aide à l'exportation.

Enfin, Québec annonce des assouplissements au programme Fonds offensif pour le renforcement des capacités économiques (FORCE). Ces flexibilités visent à faciliter l'accès au financement pour les entreprises confrontées à des besoins de liquidités. Parmi les mesures prévues figurent l'accélération du versement des sommes disponibles ainsi que la possibilité de rembourser un prêt existant à l'aide du programme.

« Le Québec doit aussi protéger son marché »

De son côté, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) a accueilli les mesures prises par les gouvernements pour soutenir les entreprises québécoises et particulièrement la stratégie d'achat public du Québec, qui permettra notamment d'écarter les entreprises américaines et étrangères de certains appels d'offres publics. 

« Dans le contexte actuel, acheter québécois lorsque les règles applicables le permettent, c'est soutenir nos entreprises, nos emplois et, ultimement, notre richesse collective. L'utilisation stratégique de nos marchés publics est d'ailleurs une demande de longue date du CPQ, que le gouvernement a tardé à mettre en œuvre », a déclaré Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du CPQ.

Le CPQ met également en garde Québec et Ottawa de demeurer vigilants face au dumping et d’éviter que le pays devienne une porte d'entrée pour des marchandises qui ne trouvent plus leur place sur d'autres marchés, notamment l'acier chinois.

« Notre frontière ne doit pas devenir poreuse pour les produits dont d'autres marchés ne veulent plus. Si nous demandons à nos entreprises de respecter des normes toujours plus exigeantes, nous devons aussi nous assurer que les produits qui entrent au pays sont soumis à des règles du jeu équitables », a ajouté Mme LLambías Meunier.

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