Après plus d’un mois de grève générale illimitée des 1 900 ingénieurs membres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), trois organisations du secteur de la construction et du génie réclament une reprise rapide des négociations afin de limiter les répercussions sur la population.
L’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG) et Bitume Québec affirment que le conflit de travail, en vigueur depuis le 6 juillet, entraîne d’importants retards dans la réalisation de projets et met en péril le maintien d’infrastructures critiques partout au Québec.
Selon les trois organismes, au moins 150 chantiers routiers et d’infrastructure sont actuellement ralentis ou, dans certains cas, complètement paralysés, l’absence des ingénieurs du gouvernement empêchant les processus d’approbation, la surveillance technique des travaux ainsi que l’émission des paiements aux entreprises. Ils soulignent également que les effets de la grève se font sentir au ministère de l’Environnement, où les retards s’accumulent dans le traitement des certificats d’autorisation nécessaires à plusieurs projets.
« Dans le secteur de la construction, un seul retard peut engendrer un véritable désordre considérant la chaîne logistique complexe qui implique tant d'intervenants et de corps de métier variés. », explique Me Caroline Amireault, directrice générale de l'ACRGTQ.
« Les impacts de ce conflit de travail vont se faire ressentir encore longtemps au Québec. Et plus on attend pour trouver une solution viable, pire ce sera. Au bout du compte, ce ralentissement force déjà le report de travaux importants jusqu'à l'an prochain dans certaines régions. », ajoute Bernard Bigras, président-directeur général de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec.
Des répercussions économiques
Au-delà des délais sur les chantiers, les organisations font valoir que des milliers de travailleurs de la construction se retrouvent sans emploi en raison de la suspension des travaux. D’autres professionnels liés à l’industrie de la construction, comme les signaleurs routiers, voient également leur nombre d’heures diminuer.
La coalition déplore aussi les répercussions du conflit sur les citoyens et les commerçants des secteurs concernés alors que des rues demeurent éventrées inutilement ou partiellement fermées plus longtemps que prévu, tandis que plusieurs projets de réfection, notamment d’infrastructures souterraines, accusent des retards importants.
« À l'heure où les experts sonnent l'alarme face à l'important déficit d'entretien de nos infrastructures publiques, avons-nous vraiment le luxe, comme société, de laisser cet enjeu avoir un impact encore plus grand au cours des prochaines années? », demande Simon Desrosiers, directeur général de Bitume Québec.
Tout en reconnaissant le droit des parties de négocier leurs conditions de travail, l’ACRGTQ, l’AFG et Bitume Québec estiment que les Québécois ne doivent pas subir les conséquences prolongées du conflit. Ceux-ci demandent donc aux représentants du gouvernement et de l’APIGQ de reprendre les discussions dans les meilleurs délais afin de parvenir à une entente.
« L'heure est à la reprise des pourparlers. Nous exhortons les parties à revenir à la table et à négocier afin de trouver un terrain d'entente dans les plus brefs délais. Il en va de l'intérêt supérieur de la gestion de nos infrastructures, qui en ont plus que jamais besoin. », concluent les trois directeurs généraux.