À peine quelques semaines après son ouverture sur la rue Racine, le studio de tatouage Vilains dauphins connaît déjà un achalandage soutenu. Installés au cœur du centre-ville de Chicoutimi, ses propriétaires misent sur la visibilité, l'accessibilité et la complémentarité des artistes pour se tailler une place dans le milieu.
Vilains dauphins a officiellement ouvert ses portes au 363, rue Racine, à Chicoutimi, le 1er juillet dernier. Sur place, sept artistes tatoueurs offrent leurs services, dont le propriétaire et fondateur Simon Claveau, qui œuvre sous le nom de Captain Bricolage, ainsi que Louanne Otis (Fleurs de Lou) et Sébastien Grenon (Sebastien Gee).
Autrefois installé au Nord Soleil, à La Baie, Captain Bricolage et son équipe souhaitaient amorcer un nouveau chapitre et ont saisi l'occasion de déménager.
« L'ancien local ne convenait plus à nos besoins. On souhaitait pouvoir prendre de l'expansion et se rapprocher des gens. On est maintenant sur une rue dynamique, et c'est ici que ça se passe. Dans mon livre à moi, Chicoutimi et la rue Racine, c'est le centre de la région », explique Simon Claveau.
Établi dans un secteur où les studios de tatouage et les artistes sont nombreux, Vilains dauphins souhaite avant tout se démarquer par son identité et son approche.
« L'objectif n'est pas de créer de la compétition ou une rivalité avec les autres studios. On n'est pas du genre à se chicaner ou à faire des combats de coqs. [...] On a tous notre style et, au contraire, on veut que Vilains dauphins devienne un lieu de rassemblement. »
Selon Simon Claveau, l'engouement s'est fait sentir dès les premiers jours d'ouverture.
« Les gens sont curieux et s'arrêtent pour venir nous découvrir. Plusieurs repartent même directement avec un tatouage. Nous acceptons les walk-in, ce qui permet à une personne de se présenter sans rendez-vous et de se faire tatouer immédiatement si un artiste est disponible et que le projet lui convient. C'était un type de clientèle qu'on n'avait pas à notre ancienne adresse. »
Tendances du moment?
Au fil du temps, les tatouages sont devenus de plus en plus accessibles et largement acceptés au sein de la population, y compris dans les milieux de travail. Malgré une baisse du nombre de rendez-vous pendant la pandémie, Simon Claveau estime que l'industrie se porte toujours bien.
« Plusieurs diraient que l'âge d'or est passé. De 2010 à 2020, le tatouage était au sommet de sa popularité, mais les gens trippent encore sur les tatouages. Dans le temps, il y avait surtout les bums et les militaires qui en avaient. Maintenant, c'est monsieur et madame Tout-le-Monde! J'ai des clientes qui sont médecins de famille, qui travaillent dans le milieu de la santé ou auprès des personnes âgées. C'est beaucoup plus accepté qu'à l'époque de mon père ou de mon grand-père, et ça continue de susciter l'intérêt des gens. »
Si les mentalités ont évolué au fil des dernières décennies, les tendances, elles aussi, ne cessent de se transformer. À l'image du monde de la mode, certaines tendances que l'on croyait disparues reviennent progressivement dans l'univers du tatouage.
« On en parlait dernièrement, mais le fameux tribal à la Mike Tyson ou ceux que les gros musclés avaient sur les bras à la fin des années 1990 et au début des années 2000… On peut en rire, mais ça revient à la mode! On a de la demande pour ça. »
D'autres styles, comme le tatouage traditionnel, demeurent quant à eux populaires à travers les époques.
Captain Bricolage conclut toutefois que le plus beau tatouage est avant tout celui que son propriétaire porte avec fierté.
« Il y a des goûts pour tout. C'est démodé jusqu'au moment où quelqu'un se le fait tatouer et que cette personne trouve ça cool. C'est l'art, c'est la mode. Je pourrais donner d’autres exemples, mais peut-être que l'année prochaine, ce sera la nouvelle tendance! »
Cette évolution ne touche pas seulement les styles de tatouage, mais également les habitudes de consommation.
Au-delà des projets personnalisés et des concepts soigneusement réfléchis, le phénomène des flash tattoos gagne également en popularité. Bien que ce concept remonte au début du XXe siècle, il est de plus en plus fréquent d'apercevoir des stations de tatouage lors d'événements et de festivals. Les plus téméraires peuvent ainsi repartir avec un souvenir permanent en choisissant l'un des dessins préconçus par l'artiste, prêt à être tatoué sur-le-champ.