Le gouvernement du Québec a confirmé, hier, la réactivation des deux volets du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans, soit du 2 juillet 2026 au 2 juillet 2028. Cette décision concrétise un engagement pris par la première ministre Christine Fréchette durant sa course à la chefferie de la Coalition Avenir Québec.
Le retour du PEQ s’accompagnera toutefois de modalités resserrées. Afin de « respecter la capacité d’accueil du Québec et les cibles d’immigration », les demandes ne seront pas acceptées en continu, mais plutôt par périodes.
Une première fenêtre s’ouvrira du 2 juillet au 31 octobre 2026. Elle ciblera les personnes qui avaient déjà obtenu un diplôme québécois ou accumulé une expérience de travail admissible au programme au moment de son abolition, le 19 novembre 2025.
Pendant cette période, le gouvernement réduira également le nombre d’invitations dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Ces invitations reprendront à compter de novembre 2026, en fonction du volume de demandes reçues au PEQ. À l’issue des deux ans, le PSTQ redeviendra la seule voie d’accès à la sélection permanente pour les travailleurs qualifiés.
Québec soutient que cette approche lui permettra d’obtenir un portrait précis du nombre de demandes, de planifier plus efficacement les invitations futures au PSTQ et d’ajuster, au besoin, l’ouverture de nouvelles périodes d’inscription au PEQ d’ici 2028.
Les conditions de sélection au PEQ demeureront inchangées par rapport à celles en vigueur au moment de la suspension du volet diplômés et de l’abolition du volet travailleurs. Le gouvernement entend également renforcer sa capacité de traitement des dossiers.
« Nous avons entendu les préoccupations des travailleurs et des personnes diplômées qui ont choisi le Québec, ainsi que des gens d'affaires et des acteurs municipaux de partout au Québec. Pour plusieurs, les derniers mois ont été marqués par l'incertitude en l'absence de mesure de transition. Des parcours de vie ont été bousculés et nous avons voulu en tenir compte. », a déclaré le ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration, François Bonnardel.
Accueil favorable du milieu économique et municipal
La réinstauration du PEQ a été saluée par plusieurs acteurs économiques, dont les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) qui y voient un geste essentiel pour rétablir la prévisibilité pour les entreprises et les travailleurs étrangers souhaitant s’installer durablement dans la province.
« Pour plusieurs entreprises manufacturières, particulièrement en région, les travailleurs étrangers occupent un rôle essentiel dans le maintien des opérations et la croissance des activités. Dans un contexte de rareté persistante de la main-d'œuvre, l'immigration demeure un levier incontournable et il est important que les programmes permettent aux entreprises d'attirer et de retenir les talents dont elles ont besoin. », a déclaré Francis Prévost, directeur Affaires publiques et gouvernementales des MEQ.
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a également applaudi la décision, rappelant que la réouverture du programme figurait parmi les demandes répétées du milieu municipal depuis plusieurs mois.
« Cette réouverture, accompagnée d’une clause de droits acquis claire et efficace, permet d’éviter des ruptures de parcours […]. Il s’agit d’un geste concret qui reconnaît l’importance de la prévisibilité des règles et de la stabilité pour les travailleurs et travailleuses ainsi que pour les employeurs. », a indiqué l’UMQ par voie de communiqué.
Rappelons qu'en février dernier, les municipalités s’étaient mobilisées dans le cadre du mouvement des Cœurs bleus, pour réclamer une transition ordonnée entre le PEQ et le PSTQ.
« Cette décision arrive à point nommé pour l'ensemble du Québec. On ne peut pas se priver de personnes déjà bien intégrées, qui parlent français, qui étudient, travaillent et contribuent activement à la vitalité de nos milieux. La réouverture du PEQ permet d'assurer une continuité essentielle et d'éviter des pertes de main-d'œuvre que nos communautés ne peuvent se permettre. », a déclaré Guillaume Tremblay, président de l'UMQ et maire de Mascouche.