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Qui a tué l’ombudsman?

Le 18 septembre 2026 - Modifié à 13 h 39 min
Par Richard Banford

Plusieurs citoyens, dont certains membres du conseil municipal, s’interrogent sur ce qu’est devenu le service d’ombudsman à Saguenay. Le Vérificateur général de Saguenay, Jonathan Desbiens, répond à cette question dans son rapport récemment rendu public. 

L’ombudsman est mort au feuilleton. Loin de répondre aux services des citoyens, il constitue un canard boiteux, une dépense inutile pour la ville de Saguenay. Malgré les recommandations antérieures du VG, le responsable de ce service aux citoyens (autoproclamé ombudsman), Pierre Duchaine, n’a pas été en mesure de corriger les faiblesses. À sa décharge, il faut comprendre que les dernières administrations municipales n’ont rien fait pour le soutenir dans sa tâche.

Création d’un bureau de l’ombudsman

L’origine de la création d’un Bureau de l’ombudsman à Saguenay remonte à l’été 2005. Le maire de l’époque, Jean Tremblay, imposait à la machine administrative de la ville des actions concrètes et rapides pour justifier le slogan qui a fait le succès de toutes ses campagnes, « Le citoyen d’abord ». De là est née l’idée d’un ombudsman à Saguenay.

Au Québec, outre des organismes publics comme Radio-Canada, les universités ou les gouvernements, seules les villes de Montréal et Québec possédaient un ombudsman, ce protecteur du citoyen chargé de résoudre des différends entre les citoyens et la ville. La ville de Québec avait adopté une formule fort dynamique où le titre d’ombudsman n’était pas attribué à une seule personne, mais à un groupe de personnes bénévoles. C’est de cette formule que Saguenay s’est inspirée pour accompagner le citoyen qui se dit lésé par une décision de la ville.

Rodrigue Lessard

Le bureau de l’ombudsman de Saguenay allait donc adopter une formule adaptée aux dimensions de la ville. Un secrétaire et une directrice administrative à temps partiel et 10 personnes bénévoles. L’ex-représentant de la FTQ chez Abitibi-Price, le regretté Rodrigue Lessard,  reconnu pour son empathie et son efficience, a accepté le poste de secrétaire à temps partiel et 10 spécialistes dans différentes sphères d’activités ont adhéré  à l’expérience, à titre bénévole.

En peu de temps, Rodrigue Lessard a développé une solide collaboration avec son homologue de Québec. Il ne tarde pas à faire connaître le Bureau de l’ombudsman aux citoyens de Saguenay. Chaque année, la présentation de son rapport montre un nombre croissant de cas résolus, tout ça pour moins de 100 000$ par année. 

Démantèlement progressif

En 2017, avec la fin du mandat de Jean Tremblay, les administrations subséquentes délaissent le service de l’ombudsman graduellement. D’abord avec l’administration Josée Néron et son architecte des basses œuvres, Arthur Gobeil, qui veulent faire oublier l’administration Tremblay en passant la faucheuse dans ses réalisations. 

Idem pour l’administration suivante, celle de Julie Dufour, qui avait bien d’autres préoccupations à régler que celle du Bureau de l’ombudsman. Cette appellation a disparu sous l’administration Dufour, pour devenir l’affaire d’un seul individu. Un gâchis que l’administration actuelle s’est vue imposer. Un service soustrait aux citoyens qui l’ont presque oublié comme le sous-entend le VG dans son rapport.
 

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