Ce mois d’octobre, les pompiers et policiers de Saguenay se sont lancés dans une compétition amicale afin de récolter le plus grand nombre possible de dons de plasma.
Pour cette troisième édition de la compétition, l’objectif est de dépasser les 238 dons de l’année 2025. À travers ce défi, Héma-Québec souhaite surtout attirer davantage de donneurs sur le long terme.
Fidéliser les donneurs
« La compétition oui c’est bon, mais ce qui est bon aussi c’est que la population embarque, et que le nombre augmente à long terme, sur l’année. Oui y’a l’objectif de la quantité mais y’a surtout l’objectif de la pérennité », souligne le directeur adjoint du Service de sécurité incendie, Francis Desjardins.
Selon la responsable des communications du Service de Police de Saguenay, Caroline Darveau, la compétition a mobilisé 238 dons en octobre 2025. Un chiffre qui s’est transformé en 1061 sur l’année. « On a quand même une belle rétention de donneurs qui sont revenus par la suite », félicite-t-elle.
« Je pense en particulier à un de mes collègues, Dominique Gagnon, qui a commencé à donner durant le partenariat de 2025 et maintenant à chaque mardi soir, ne cherchez pas mon collègue, il est ici. Il donne du plasma tous les mardis soir », raconte la responsable des communications.
Selon Émilie Guay, étendre le défi sur 4 semaines permet de créer une habitude chez les donneurs qui peuvent revenir tous les 6 jours s’ils le souhaitent.
Une cause qui tient à cœur
Les policiers et les pompiers font le parallèle avec leur métier : « Ça fait partie d’entrée de jeu de nos missions, d’aider la population, de sauver des vies […], c’est extrêmement important pour nous autres de se rapprocher de la population », explique le directeur du Service de Police de Saguenay, Mathieu Perron.
Le directeur du Service de sécurité incendie de Saguenay, Éric Morin, ajoute également que certains membres des services ont déjà eu besoin de produits plasmatiques, ce qui les motive d’autant plus à prendre part à la compétition.
Inspirer ailleurs au Québec
Inspirées par la compétition initiée par le Service de Police de Saguenay et le Service de sécurité incendie, d’autres villes se sont lancées le même défi. « Quand je vois des vidéos comme présentement à Trois-Rivières qui font le même style de compétition, ça donne des idées aussi au reste de la province », raconte Éric Morin. Le concept est aussi réutilisé en Mauricie selon la conseillère principale au recrutement des donneurs.
« Le Service de Police de Saguenay et le service incendie peuvent inspirer plus largement d’autres services d’urgence à se mobiliser. Mais ils peuvent aussi inspirer d’autres entreprises, d’autres communautés étudiantes, regroupements, organisations », ajoute Émilie Guay. Le Cégep de Jonquière s’est d’ailleurs lui aussi lancé dans une compétition de dons de plasma.
Démystifier le don de plasma
En règle générale, le don de sang est bien plus connu que le don de plasma qui suscite souvent de l’appréhension. Selon Émilie Guay, seulement 3 % de la population en âge de donner partage sa santé.
« On a un beau 97 % de gens qu’on peut tenter de rejoindre. Je suis certaine que dans cette proportion-là, souvent les gens n’ont pas l’information qu’il y a un centre de dons près de chez eux, qu’on peut y aller très souvent, que ce n’est pas compliqué », explique-t-elle.
Selon Mme Guay, il reste encore plusieurs mythes à déconstruire au sujet du don de plasma. « Même au sein du service de police et incendie, plusieurs avaient des questions, des inquiétudes », confie-t-elle.
Pour Héma-Québec, il est encore possible de « jouer sur cette statistique » en renseignant la population et en la sensibilisant.
Des besoins toujours présents
Recruter de nouveaux donneurs est essentiel pour l’organisme qui est toujours en dessous de la limite de ses besoins quotidiens : « On est présentement à peu près au tiers de notre autosuffisance donc on va vouloir augmenter ça », explique Émilie Guay.
« On est en manque, on n’est pas autosuffisants. Les besoins vont toujours en augmentant parce qu’annuellement, il va y avoir de nouvelles découvertes qui vont être faites donc le nombre de prescriptions va toujours en augmentant », ajoute-t-elle.
Le centre de dons Héma-Québec est établi à Chicoutimi depuis plus de 10 ans et est bien connu de la population, « mais on a encore de la capacité, on est encore capables d’en prendre », insiste-t-elle.
Une « assurance collective »
La conseillère principale au recrutement des donneurs voit le don de plasma comme une sorte d’assurance collective : « Personne ne peut prévoir ne jamais avoir besoin d’un produit plasmatique. On contribue tous ensemble à la santé d’autrui et éventuellement à la sienne également. »
« Eux ce sont des super-héros qui se mettent en danger tous les jours pour combattre le crime, pour venir nous aider au niveau des incendies. Nous, ce qu’on a à faire à l’instar d’eux, c’est de venir s’asseoir sur une chaise et de partager sa santé », complète-t-elle.
