Maintien d’actifs, développement économique, transport, logement, itinérance, à moins de trois semaines des élections provinciales, la ville de Saguenay présente ses priorités. La Ville demande notamment à Québec de tenir ses promesses après de nombreux « rendez-vous manqués » dans plusieurs dossiers.
Le maire de Saguenay, Luc Boivin, reproche principalement à Québec de ne pas accorder autant d’aides financières qu’elle le devrait : « Quand je regarde l'argent qui s'investit dans les autres grandes villes, à Montréal et à Québec, je me dis câline […], on dirait qu'on est comme pris pour acquis, je ne sais pas. » Le maire assure que Saguenay, qui a une population quatre fois moins élevée que celle de Québec, devrait obtenir quatre fois moins d’argent. Dans les faits, elle en obtient bien moins.
« Ce n'est pas vrai qu'on va monter les taxes sur l'essence et les immatriculations des gens de la région parce que le gouvernement se désengage dans le transport en commun », assure Luc Boivin.
Toujours dans le but de sauver de l’argent pour la ville, et pour limiter les pressions financières, Luc Boivin souhaiterait une mutualisation des forces policières. Le Service de Police de Saguenay et la Sûreté du Québec pourraient partager leurs infrastructures et leurs équipements, « car ce sont les mêmes payeurs de taxes pour les deux », assure le maire. Il ajoute que certains locaux vides de la SQ pourraient bénéficier au SPS au même titre que les centres d’entraînement au tir.
Longueurs administratives
« Mais câline, on a des fonctionnaires qui nous mettent des bâtons dans les roues pour des peccadilles ! » Luc Boivin dénonce les longueurs administratives qui nuisent à la ville. Alors que Saguenay cherche une solution rapide et durable concernant la contamination de l’eau au PFAS à La Baie, Québec retarde la délivrance d’un chèque pour la mauvaise formulation d’un mot. « Ça en est scandalisant. Quand tu joues sur les mots, c'est un chèque de 183 millions qui est disponible. On pourrait déjà commencer à travailler. Mais c'est six mois de perdus où les citoyens ont raison d'être fâchés », déplore une fois de plus le maire de Saguenay.
Une enveloppe globale
Afin de réduire les délais administratifs et gagner de l’argent, Luc Boivin propose à Québec de délivrer les subventions à la manière d’une enveloppe globale. Ce fonctionnement permettrait de diminuer le nombre de demandes de subventions et de financement déposées par Saguenay, un système coûteux pour la ville. « Il faut arrêter de créer des programmes quand ça ne donne rien ou très peu. »
Par exemple, Québec a octroyé 447 000 dollars à Saguenay pour son plan climat, alors que celui-ci a coûté 357 000 dollars à produire. Finalement, la ville récolte à peine 90 000 dollars, ce qui est trop peu pour le temps passé dessus selon le maire.
Un manque d’écoute
Si la ville dénonce un manque d’écoute de la part du gouvernement à Québec, il en va de même pour les candidats dans la région. Luc Boivin assure n’avoir encore vu aucune proposition électorale qui va dans le sens des priorités de la ville.
« Je regarde les travailleurs étrangers temporaires, il me semble que c'est assez clair. On milite depuis plusieurs mois. Est-ce qu'on a du résultat ? Je suis obligé de vous dire que c'est difficile. C'est difficile pour quelque chose qui est assez simple à comprendre », dit le maire de Saguenay, qui espère bien voir du changement une fois un nouveau gouvernement élu.
« Ce n’est pas ça que je veux entendre. Je veux entendre qu'on accueille des nouveaux Saguenéens qui viennent de Montréal, n'importe où, mais je veux attirer du monde », ajoute-t-il.
Les arrondissements réclament leur part du gâteau
Les présidents des trois arrondissements de Saguenay ont eux aussi élaboré leur « liste d’épicerie ». Au même titre que la Ville, les arrondissements ont également besoin de financements dans de nombreux dossiers. Là encore, Carl Dufour, Michel Tremblay et Raynald Simard déplorent les délais de réponse de Québec.
« On a eu beaucoup de promesses, mais elles sont en train de s’estomper », reproche le président de l’arrondissement de Chicoutimi, Michel Tremblay. « On est resté sur notre appétit, il y a des rendez-vous qui ont été manqués », déplore de son côté le président de l’arrondissement de Jonquière, Carl Dufour.