À moins d’un mois de l’élection partielle fédérale dans Chicoutimi-Le-Fjord, l’organisme Loge m’entraide entend faire du logement social un enjeu incontournable de la campagne.
L’organisation a d’ailleurs déjà interpellé les candidats afin qu’ils prennent des engagements concrets pour répondre aux besoins croissants des ménages locataires à faible revenu de la circonscription.
« L’élection partielle dans Chicoutimi Le-Fjord a beau être en plein cœur des vacances estivales, cela ne freine pas Loge m’entraide à défendre les intérêts des locataires à faible revenu auprès des candidats qui aspirent devenir député fédéral le 31 août ! », a déclaré Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m’entraide.
Cette dernière indique que quatre des cinq candidats en lice ont déjà reçu une invitation à rencontrer l’organisme ainsi qu’une liste de revendications en matière de logement social. Seul le Parti populaire du Canada n’avait pas encore transmis ses coordonnées électroniques au moment de l’envoi.
Au cœur des demandes de Loge m’entraide figure la reconnaissance du logement social sous ses différentes formes, soit les habitations à loyer modique (HLM), les coopératives d’habitation et les organismes sans but lucratif d’habitation destinés aux personnes ayant des besoins spécifiques. L’organisme critique l’approche du gouvernement fédéral privilégiant le logement dit « abordable ».
« L’argent public doit servir l’intérêt public et non pour construire des logements abordables privés, lucratifs et hors de prix pour la majorité des locataires ! C’est pourquoi nous revendiquons du logement social qui est de propriété collective, sans but lucratif, hors privé, à l’abri de la spéculation et dont les locataires appauvris paient 25 % de leur revenu pour se loger ! », précise Sonia Côté.
Celle-ci déplore également l’absence de nouveaux projets de HLM depuis 1994, une situation qu’elle attribue au désengagement du gouvernement fédéral dans ce secteur. Selon elle, malgré le développement de coopératives et d’OSBL d’habitation, les HLM demeurent une solution essentielle pour de nombreux ménages.
« Les HLM sont pourtant un besoin aussi pressant pour les locataires qui ne veulent pas s’impliquer en Coop ou qui n’ont pas de besoin spécifique en OSBL. À preuve, 500 ménages sont sur la liste d’attente pour un HLM à Saguenay et 30 000 au Québec… », ajoute-t-elle.
Dans le cadre de la campagne électorale, Loge m’entraide réclame également des programmes fédéraux entièrement consacrés au logement social, des logements dont les loyers seraient établis en fonction du revenu des ménages, la création d’un nouveau programme de HLM ainsi qu’un soutien financier pour la mise sur pied d’une sixième coopérative d’habitation portée par l’organisme.
Un marché locatif qui préoccupe
Selon les données du recensement de 2021, l’arrondissement de Chicoutimi compte 12 575 ménages locataires, soit 39,9 % de l’ensemble des ménages. Parmi eux, 3 030 consacrent plus de 30 % de leur revenu au logement, ce qui les rend admissibles à différentes formes de logement social.
La situation du marché locatif demeure également préoccupante. Le taux d’inoccupation des logements dans l’arrondissement de Chicoutimi s’établit à seulement 1,2 %, bien en dessous du seuil d’équilibre généralement fixé à 3 %. Le taux atteint même 0 % à Chicoutimi-Nord et 1,5 % à Chicoutimi-Sud.
Parallèlement, Loge m’entraide observe une hausse importante des loyers. Le coût moyen d’un logement est passé de 875 $ à 963 $ entre 2024 et 2025, soit une augmentation de 10 %. Le loyer moyen d’un 3 ½ s’élève à 744 $, celui d’un 4 ½ à 1 033 $, tandis qu’un 5 ½ coûte en moyenne 1 112 $.