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Combattre les feux de forêt : la job d’été hors du commun de Sarah Lapointe

Le 30 juillet 2026 — Modifié à 15 h 01 min le 29 juillet 2026
Par Isolyne Chapeyrou - Journaliste

Avec son sac toujours préparé à l’avance, Sarah Lapointe attend l’appel de la SOPFEU pour être déployée sur le terrain. Cet été, elle a choisi de combattre les feux de forêt aux côtés des pompiers en tant que combattante auxiliaire.

Que ce soit en truck, en camion ou en hélicoptère, les combattants auxiliaires sont déployés sur le terrain, au plus près des zones à risque. « On part à l’endroit précis où il y a de la fumée ou du feu qui a été détecté par un drone et on se met en équipe. » Souvent, l’équipe est formée d’un pompier et de trois combattants auxiliaires.

« Notre job, c’est d’éteindre des feux, d’éteindre des fumées, mais on marche aussi sur toute la partie qui a été brûlée et on regarde s’il y a de la fumée. On s’assure qu’il n’y a plus rien », explique Sarah Lapointe.

Une fois le feu éteint, il faut ramasser le matériel. « Les tuyaux peuvent faire deux km. Un jour, on a roulé 2,5 km en une journée. C’était épuisant, il faisait chaud », se souvient-elle.

Des conditions difficiles

Sur place, pompiers comme combattants sont installés dans un camp, parfois très éloigné des villes. Sarah raconte que le réseau ne passe pas toujours très bien et qu’elle n’a pas souvent accès à une connexion internet. « Quand on regarde depuis l’hélicoptère, y’a pas de ville, y’a pas de routes. »

La jeune femme confie avoir vécu des moments plus difficiles, mais la chaleur ou la difficulté du travail n’en sont pas la cause. « On est bien accompagnés par les pompiers. Ils nous offraient même des électrolytes et nous rappelaient de boire. Je dormais bien, je mangeais bien, j’étais bien physiquement », rassure-t-elle.

Pour la combattante auxiliaire, c’est l’éloignement et la solitude qui restent difficiles. « Je n’avais pas peur parce que c’était dangereux. Là où c’était plus difficile, c’est que je me sentais seule quand j’avais besoin de parler à du monde, parce que je ne pouvais pas. »

Pour son premier été en tant que combattante auxiliaire, Sarah est partie jusqu’à dix heures de route de chez elle sans avoir la certitude de pouvoir contacter ses proches.

Vivre avec l’incertitude

Sarah adore sa « job d’été hors du commun », mais celle-ci vient aussi avec son lot d’inconvénients. « C’est incertain, tu ne sais pas quand tu pars et tu ne sais pas quand tu reviens. »

La plupart du temps, la jeune femme est appelée une première fois pour se rendre à la base en prévention. Dans son cas, c’est celle de Roberval. « On attend qu’il y ait des appels pour être déployés. Parfois, tu peux te faire déployer dans la même journée et, d’autres fois, tu peux attendre des jours (à la base) avant d’avoir un appel », raconte la jeune femme.

Une fois à la base, les combattants auxiliaires sont sur le qui-vive. « Quand on est en prévention, on doit tout le temps être prêt à tout. On doit être prêts à être envoyés, donc nos sacs doivent être prêts », explique Sarah Lapointe.

Formation obligatoire

« C’est vrai qu’on est quand même jeunes pour faire ça. D’habitude, ce sont des gens qui sont déjà pompiers ou qui étudient dans le domaine », avoue la jeune femme. Elle et le groupe d’amis avec qui elle s’est engagée ont participé à deux semaines de formation obligatoires avant de pouvoir aller sur le terrain.

« On a appris à embarquer et débarquer d’un hélicoptère dans les airs, par exemple », raconte Sarah. Elle et ses amis ont aussi appris à manipuler des pompes et des tuyaux.

Ce travail d’été qui sort de l’ordinaire a permis à Sarah de créer des liens et de vivre une expérience unique. « Le soir, quand on arrête de travailler, y’a rien à faire parce qu’on est dans la forêt. Donc, on joue aux cartes. Même une fois, on est allés pêcher tous ensemble. »

Les moments difficiles n’ont pas eu raison de la jeune femme, qui pense déjà à y retourner l’été prochain si son parcours scolaire le lui permet.

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