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Pour la suite du monde

Le 21 février 2024 - Modifié à 15 h 38 min
Par Louis Potvin

Comme journaliste, on aime travailler avec des faits. Tout comme les scientifiques.

La froideur de la science donne parfois froid dans le dos.

C’est un peu ce que j’ai ressenti en écoutant le Forestier en chef, Louis Pelletier, parler des effets des changements climatiques sur nos forêts et des interventions à y faire pour assurer sa pérennité, lors d’un diner conférence organisé par l’Association forestière Saguenay­-Lac- Saint­Jean.

 Le constat est implacable. Si on ne fait rien, la forêt s’en va su’l diable.

 Et ici, il n’est pas juste question de moins d’arbres à couper pour les entreprises forestières. C’est tout un écosystème qui pourrait se modifier, voire disparaitre.

Nos belles promenades en forêt, la chasse à l’orignal, à la perdrix, se rendre à notre camp pour taquiner la truite au lac Brochet ... Le rôle de la forêt dans la séquestration du carbone et la réduction des gaz à effets de serre. Ouf !

« Nous sommes face à plusieurs inconnus, et ce, malgré les connaissances à notre disposition. Il sera difficile d’établir avec certitude le climat de demain et d’ajuster dès maintenant nos pratiques d’aménagement en fonction de ce dernier. Mais un fait demeure, le statu quo de nos pratiques n’est pas la solution face aux défis que posent les changements climatiques et leurs effets sur notre forêt », a averti le Forestier en chef devant un parterre de 200 personnes composé d’élus, de forestiers et gens d’affaires.

Intervention humaine

L’intervention humaine devient donc obligatoire, sinon nos forêts deviendront très vulnérables. Des solutions sont proposées pour essayer de rendre nos forêts plus résilientes aux incendies ou toutes autres menaces comme les maladies et les insectes comme la tordeuse du bourgeon de l’épinette. Et ça passe par de la sylviculture intensive et l’enrichissement en feuillus.

Le forestier en chef a fait ses devoirs avec son équipe pour avoir un portait du futur. À partir d’un scénario modéré de l’augmentation de la température moyenne annuelle de 1,6 à 4,2 degrés Celsius pour la période 2071­2100, si aucune intervention n’était réalisée, la capacité forestière passerait de 6 M d’hectares à 4 M dans la région. En réalisant un reboisement intensif et un enrichissement en feuillus, on réduirait considérablement les répercussions. La possibilité forestière serait réduite d’environ 500 000 ha plutôt que 2 M ha.

De quoi faire réfléchir. De plus, si aucune intervention n’est faite, la forêt va se transformer. La proportion de forêts matures fonderait au comme neige au soleil pour laisser plus de place à des secteurs où la régénération naturelle n’a pas pu se faire. Donc, plus de landes et de forêt avec quelques arbres et chicots.

Une forêt moins riche et dense aura ainsi des répercussions sur les habitats, dont celui du caribou forestier, qu’on souhaite tant protéger.

Et les feux de forêt de cet été qui ont détruit plus 1 M d’hectares de forêt ont démontré toute la fragilité de cet écosystème alors que des populations ont dû fuir leur localité en raison des dangers de propagation.

La science du Forestier en chef démontre qu’il faut protéger notre forêt avant qu’il ne soit trop tard. C’est la protection de notre territoire, de notre pays.

Est­-ce que le gouvernement va écouter la science ?

Il faut le faire… Pour la suite du monde.

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