Énergies renouvelables : La région doit tirer profit du nord pour créer des emplois

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Par Julien B. Gauthier - Journaliste de l’Initiative de journalisme local
Énergies renouvelables : La région doit tirer profit du nord pour créer des emplois
Le professeur Marc-Urbain Proulx est d’avis que la région doit s’unir afin de créer une table de concertation pour développer les énergies renouvelables dans le nord. (Photo : Trium Médias – Julien B. Gauthier)

L’économiste et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) Marc-Urbain Proulx plaide pour la création d’une table régionale pour le développement nordique des énergies renouvelables. Selon lui, le Saguenay–Lac-Saint-Jean possède toute l’expertise nécessaire pour exploiter ce créneau, en plus d’être stratégiquement situé.

« Les énergies renouvelables, c’est là-dedans qu’on se dirige pour les prochaines décennies. Pourquoi ne pas commencer dès maintenant? », lance l’économiste.

Selon lui, la région aurait avantage à s’unir afin de développer les énergies éoliennes, particulièrement dans le secteur du réservoir de Caniapiscau, dans le nord du Québec.

L’initiative pourrait notamment passer par la création d’une table qui réunirait les élus et acteurs socioéconomiques ou encore sous la forme d’une coopérative régionale.

Secteur éolien

« Il y a un potentiel immense dans le nord du Québec. On dit qu’Hydro-Québec est en surplus énergétique, mais ce sera de moins en moins vrai. La société vient de signer un contrat avec l’État de New York. D’ici quelques décennies, on se dirige vers une société mondiale électrique, notamment au niveau du transport. Il se pourrait aussi qu’Hydro-Québec achète de nos centrales. Il faut se préparer à cette transition », estime-t-il.

Cette stratégie pourrait être une solution pour lutter contre le déclin démographique que vit la région. Selon les estimations de la firme Groupe Performance Stratégique, le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait perdre 15 000 habitants d’ici 2041.

« On ne peut pas uniquement dépendre de la grande industrie pour créer des emplois. On est dans cette mentalité en raison de notre histoire. Certes, il y a le secteur minier qu’on peut exploiter, mais on vit en situation de surplus et les prix des matières sont très bas. Ce n’est pas une ressource inépuisable. »

Il cite également en exemple l’annonce de Rio Tinto qui a récemment investi 110 M$ pour 16 nouvelles cuves pour ses installations de Jonquière. Selon lui, c’est nettement insuffisant. « La région ne fait pas assez de pression. Le projet initial, c’était 272 cuves. Ça ne crée pas assez d’emplois ».

Expertise

« On a une belle expertise ici, des firmes d’ingénieries, des architectes, le Cégep de Jonquière avec son centre TERRE, des universités. On possède de nombreux barrages et nous sommes déjà bien positionnés dans le domaine des énergies renouvelables. »

Marc-Urbain Proulx souligne aussi l’existence de la Société de l’énergie communautaire du Lac-Saint-Jean, basée à Mashteuiatsh, de même que la coopérative Val-Éo qui chapeaute le projet d’éoliennes Belle-Rivière dans le secteur de Saint-Gédéon.

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