Culture

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Un jeune du Saguenay brille dans le battle rap québécois

Le 09 avril 2026 — Modifié à 14 h 50 min
Par Charles-Antoine Desmeules - Journaliste

À seulement 20 ans, Simon Chabot, qui réside au Saguenay depuis une dizaine d’années, commence déjà à faire beaucoup de bruit dans le milieu du battle rap. Connu sous le nom d’Enfant Feu, le jeune artiste de la région s’impose rapidement comme l’une des figures montantes de cette discipline encore méconnue du grand public. 

Le battle rap, c’est avant tout un affrontement verbal entre deux artistes, appelés MC, qui s’opposent dans une série de rounds alliant préparation et improvisation. Chaque participant doit livrer des textes percutants, remplis de jeux de mots, de punchlines et de créativité, dans le but de marquer le public, qui agit comme juge. 

Simon Chabot s’est lancé plus sérieusement dans le battle rap il y a de cela deux ans, bien qu’il ait découvert cette forme d’art vers l’âge de 12 ou 13 ans. Rapidement, il se démarque. Dès ses premières apparitions sur scène, Enfant Feu laisse sa marque et devient l’un des favoris du public. En 2024, ses textes et ses prestations lui ont mérité le titre de recrue de l’année. 

Un an plus tard, il franchit une nouvelle étape importante en décrochant le titre de battle rapper de l’année, une reconnaissance majeure dans ce milieu. 

« Je suis très content et je ne mentirai pas que je voulais ce titre-là. En 2024, j’ai été recrue de l’année, et maintenant MC de l’année 2025. Ce sont deux objectifs que je m’étais fixés », confie-t-il. 

Membre du regroupement versos.tv, basé à Montréal, Simon participe à quelques événements chaque année, où plusieurs battles sont présentés lors d’une même soirée devant un public pouvant atteindre jusqu’à 200 personnes. Dans cet univers encore underground, il n’y a pas de prix à gagner. Tout repose sur la performance, la créativité et la réaction de la foule. 

Pour lui, le battle rap ne se résume pas à attaquer son adversaire. 

« Beaucoup de gens pensent qu’il faut être le plus méchant possible, mais non. Il faut surtout être intéressant, trouver des idées ingénieuses et livrer une performance mémorable », explique-t-il. 

Ce qui le motive particulièrement, ce sont les jeux de mots et les doubles sens : « Ce qui me rend fier d’une ligne, c’est quand elle est bien trouvée. » 

Le milieu québécois du battle rap se distingue d’ailleurs par sa diversité et sa liberté. Moins codifié qu’aux États-Unis, il permet aux artistes de développer des styles variés et uniques. 

« Ici, c’est plus un hobby, on s’amuse entre amis. Tout le monde apporte quelque chose de différent, et c’est ce qui rend ça accessible et intéressant », souligne-t-il. 

Lorsqu’il performe, Enfant Feu se dit envahi d’une sensation unique qui le transporte ailleurs, mélangeant adrénaline et plaisir. Pour ne jamais perdre ce sentiment, le jeune battle rapper estime que l’un des éléments essentiels de sa pratique est de toujours faire mieux que la fois précédente. 

« Je veux toujours m’améliorer. Je ne veux jamais sentir que je stagne. Si ça arrive, j’arrêterai », affirme-t-il. 

Malgré l’aspect compétitif, le battle rap demeure pour lui un espace de communauté et de passion. 

Prochainement, Enfant Feu souhaite performer en France afin de se mesurer à une autre scène et démontrer son talent à l’international. Il aimerait également organiser un événement au Saguenay et lancer un album de rap. 

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