Chroniques

Temps de lecture : 2 min 6 s

Triste ou méchante

Le 05 juin 2025 — Modifié à 09 h 27 min
Par Alexandra Gilbert-Boutros

C’est le titre d’une chanson de Klô Pelgag, que j’aime profondément (la chanson et l’artiste). J’ai entendu une entrevue qui parlait de la haine, sur les réseaux sociaux, Klô disait que, depuis toujours elle a de la peine pour ces gens-là méchants, parce que pour insulter gratuitement comme ça, ça prend une douleur derrière. 

Ce matin, j’ai vu un extrait de Marthe Laverdière qui relatait une interaction semblable, une personne qui spontanément écrivait un commentaire négatif sous toutes ses capsules. Un jour, elle a proposé à la dame de lui téléphoner. Cette dame souffrait, «Ma vie c’est d’la marde». Ceci explique cela.

J’ai une amie (allô Claudia) qui emploie l’expression Cristesse, en crisse parce que triste. Elle me racontait que, dernièrement elle a eu une interaction avec quelqu’un qui l’avait spontanément rendue en colère. Comble de maturité émotionnelle, elle n’a rien dit, elle a observé son émotion pour voir ce qu’il y avait en dessous avant de réagir puis, elle a adressé ça quinze minutes plus tard sainement, quelle championne quand même. 

Au tout début de ma carrière, j’avais un collègue expert en ressources humaines qui m’a appris plusieurs choses sur la perception des autres. Il y a dans une case, ce qu’on perçoit soi-même de soi, privé. Ensuite, ce que tout le monde sait, soi et les autres. Genre, j’ai les cheveux grichous. Je le sais, tu le sais. Finalement la zone de ce que les autres perçoivent de nous, mais que nous, on ne voit pas. Comme que, par exemple, je bouge saccadé. C’est pas fluide de l’extérieur, tout le monde le voit. Si on ne me le dit pas, j’aurais toujours pensé avoir la grâce d’une ballerine. Ben non, plutôt du style robot. Je m’égare. 

Une autre amie me mentionnait que, face à un moment de vulnérabilité, elle a été capable de s’ouvrir entièrement à son conjoint, de se confier dans une communication saine, et lui ne lui a rien reproché, il l’a juste accueillie, validée et aimée quand même. J’étais sans connaissance, ça fait au moins 10 semaines, j’y pense encore. Ça se peut ça? Se montrer le ventre et pas recevoir de coup dedans? 

Tout ça pour dire que. L’émotion impulsive. Dans les dernières semaines, pour plein de raisons, j’ai été colérique. Avant ça, je me suis isolée pour ne pas faire mal aux autres. Ça donne l’impression, la perception, que je suis méchante, froide, sans tact. Alors qu’au contraire, c’est de l’hypersensibilité qui me rend aussi à fleur de peau. Fait que je repensais à ça, les perceptions, l’effet de la méchanceté et de l’énergie négative. 

Cher journal, bonjour, je m’appelle Alexandra, j’ai 36 ans et demi et j’apprends les émotions. J’pense que les enfants sont meilleurs que moi. J’pense que la génération qui s’en vient en a à nous apprendre, à nous, qui refoulons, réagissons, nommons mal. Les beaux prochains là, ceux qui s’en viennent changer le monde après nous, c’est une belle mouture. 

On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter, qu’ils disaient? 

Moi, j’vais enlever une bûche j’pense ben. 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Publié le 12 février 2026

Et pourquoi pas Québec?

Il faut remonter à plus d'une vingtaine d'années pour voir la première expérience d'un match de la ligue nationale de hockey à l'extérieur. Un match qui est demeuré dans la mémoire de plusieurs. 22 novembre 2003, dans un froid glacial des Prairies, le Canadien rend visite aux Oilers d'Edmonton pour la toute première Classique Héritage. Tous se ...

Publié le 12 février 2026

L’administration Boivin ramasse les pots cassés

Même s’il s’en défend, le maire de Saguenay, Luc Boivin, devra bien un jour l’admettre. Son administration aura beaucoup à faire pour ramasser les morceaux d’un mandat désastreux de l’équipe précédente. On en a eu un autre exemple récemment quand l’administration municipale s’est tardivement aperçue que la compagnie indonésienne, Domtar, avait ...

Publié le 12 février 2026

Musée de l’aluminium : Shawinigan nous a dépassés

Il y a 4 ans, j’ai écrit dans cette colonne une carte blanche intitulée : Un musée de l’aluminium, c’est le temps d’agir. J’arrivais alors de Val d’Or, où j’avais découvert un endroit qui m’a jeté à terre, la Cité de l’Or, un musée qui permet aux gens de visiter une ancienne mine d’or. Tout y est, on nous transporte 300 pieds sous terre, où on voit ...

Abonnez-vous à nos infolettres

CONSULTEZ NOS ARCHIVES