Chroniques

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Saguenay municipalité dévitalisée

Le 12 décembre 2024 — Modifié à 08 h 06 min le 11 décembre 2024
Par Richard Banford

Plus personne n’en doute. L’administration municipale et son directeur général, Gabriel Rioux, ont pris le contrôle de l’hôtel de ville de Saguenay. Le nouveau DG s’est vite rendu compte que les membres du conseil ne comprenaient pas grand-chose à la préparation des budgets et il s’en est lui-même chargé.

À son arrivée en 2022, le budget de la ville de Saguenay était d’un peu plus de 387 millions $. Depuis qu’il a pris la direction des opérations, le budget n’a cessé de gonfler tout comme la dette. Trois ans plus tard, le budget de 2025 dépasse les 475 millions $ et la dette atteindra bientôt les 750 millions $, lorsqu’elle se situait à 587 millions $ avant son entrée en fonction.

CONSEILLERS MIS DE CÔTÉ

On nous l’a confirmé à la dernière séance du conseil de ville de Saguenay, même les membres du comité des finances de la ville ont été écartés des discussions sur la préparation du budget de 2025. Le conseiller représentant de l’Équipe du renouveau démocratique, Marc Bouchard, l’a répété et plusieurs des conseillers exclus du comité exécutif s’en sont plaints ouvertement.

Mais il était trop tard et tout le monde s’est fait rouler dans la farine même si l’exercice montrait qu’on allait dépenser près de 38 millions $ en 2025 et que l’augmentation nette du taux de la taxe ne serait pas de 1,9 %, comme on voulait nous le laisser croire, mais bien de 6,6%, en incluant l’augmentation du prix des services.

Le conseiller Bouchard a même fait remarquer que le dernier budget de 2024 incluait le montant des services, mais pas celui de 2025.

FAIBLE CROISSANCE À SAGUENAY

Si le conseil municipal augmente ses dépenses de 38 millions $ c’est parce qu’on a pu compter sur des revenus du même ordre en 2024. Une somme de 10 millions $ d’Hydro-Québec, entre autres, dont une bonne partie provient des deux barrages érigés sous l’administration Jean Tremblay en 2016. L’administration Dufour se garde bien d’en parler, mais ces deux barrages, qui ont coûté 45 millions $ seront bientôt payés et rapporteront davantage à la ville.

Mais une partie de l’augmentation des revenus vient d’une source beaucoup moins glorieuse. En vertu de la péréquation établie par le gouvernement québécois pour aider les municipalités dévitalisées, Saguenay a pu bénéficier de près de 11 millions du Québec. On peut dès lors en déduire que la ville de Saguenay connaît la plus faible croissance de toutes les villes du Québec en termes de richesse foncière. Un autre indice qu’on stagne depuis plusieurs années sur le plan du développement économique de la ville.

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

Même avec l’augmentation de 1,5 million $ du budget de l’organisme chargé du développement économique à Saguenay, la ville demeure en deçà des sommes qu’accordent proportionnellement, les autres grandes villes du Québec pour le développement économique. On se rappelle qu’à l’arrivée de Mme Josée Néron à la mairie, elle avait délégué le comptable, Arthur Gobeil, pour mettre la hache dans le budget de Promotion Saguenay.

Depuis, les citoyens cherchent où sont les grands projets dont on parle depuis 15 ans.

On les a enterrés sous une pile de changements administratifs, dont celui au plus haut poste de la fonction publique à Saguenay.

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