Les élus divisés sur les demandes de dérogation en urbanisme

Par Jean-François Desbiens
Les élus divisés sur les demandes de dérogation en urbanisme
Les conseillers municipaux sont divisés quant aux demandes de dérogation formulées par des entrepreneurs pour mener des projets. (Photo : Trium Médias Jean-François Desbiens)

Les élus de Saguenay sont divisés quant aux demandes de dérogation formulées par des entrepreneurs pour mener des projets. Deux visions s’affrontent : doit-on respecter à tout prix les recommandations du comité consultatif d’urbanisme (CCU) ou permettre davantage de flexibilité dans les règles fixées?

On en a eu un autre exemple lors de la dernière assemblée du conseil municipal alors que les conseillers ont débattu d’une recommandation négative du CCU. Une firme d’arpenteur-géomètre avait demandé d’entreposer des équipements au centre-ville de Chicoutimi, ce qui a suscité un débat entre les conseillers.

Le conseiller de La Baie Raynald Simard est celui qui s’est le plus rangé pour aider les entrepreneurs.

« C’est beau notre centre-ville et on a des règles à respecter, mais on est tu obligé tout le temps de leur mettre des bâtons des roues? Depuis que je suis élu, j’entends constamment des entrepreneurs de Saguenay dirent que tout ce qu’on fait, c’est leur mettre des bâtons dans les roues. On a un sérieux problème. »

Jacques Cleary et Michel Potvin ont abondé dans le sens contraire.

« Ce qu’on craint a dit le conseiller Cleary, c’est l’effet d’entraînement. À Chicoutimi, on a eu beaucoup de demandes pour faire des changements comme ça. On respecte notre plan d’urbanisme pour garder nos centres-villes en vie. Durant les dernières semaines, deux restaurants ont fermé à Chicoutimi. »

« Les services professionnels, c’est la base des centres-villes, a lancé le grand argentier de la ville, Michel Potvin. Si Cegerco quittait le centre-ville et mettait ses pelles mécaniques sur la zone ferroviaire, ce ne serait pas correct. Si on n’accepte ça, d’autres vont suivre. Ça ne se justifie pas. Des petits véhicules sont déjà répartis et ça coûte moins cher dans le parc industriel. C’est très difficile à accepter. »

La décision du CCU a finalement été refusée lors du vote des conseillers.

Quant à la mairesse Julie Dufour, elle avait ce message pour les entrepreneurs.

« Je l’ai dit en campagne électorale : il ne faut pas laisser tout faire aux entreprises, mais en même temps, il faut leur laisser de la latitude. La rigidité à tout prix, je n’embarque pas. L’urbanisme, c’est participatif aussi. Il y a eu de grandes erreurs faites dans le passé qui ont ouvert des brèches. On a une ouverture et il faut être plus agile. On comprend que le contexte économique est difficile à l’heure actuelle.

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