Chroniques

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Louis Arcand en liberté !

Un dialogue de sourds qui punit la région

Le 02 avril 2026 — Modifié à 13 h 42 min le 01 avril 2026
Par Louis Arcand

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Voilà, c’est la question de l’heure
: l’immigration et les travailleurs étrangers temporaires. Si vous êtes mêlés, je vous
rassure, vous êtes normaux. Même nos politiciens n’arrivent pas à s’entendre sur la
question. Reprenons tout ça du début.

Lors de l’élection de Justin Trudeau en 2015, il est arrivé avec l’idée de faire du Canada
un pays plus ouvert sur le monde. Le gouvernement s’est alors doté d’une politique
d’immigration pour accueillir davantage de réfugiés et faciliter l’entrée de travailleurs
étrangers qualifiés. Jusqu’ici, tout va bien ; l’idée était de répondre au manque de
main-d’œuvre et de projeter une image humanitaire du Canada.

Ça commence en 2016 avec Justin Trudeau qui, devant les caméras, accueille
lui-même à l’aéroport des réfugiés fuyant la guerre civile en Syrie. Rapidement, dès
2017, les problèmes commencent. Le fédéral est débordé par l’arrivée de demandeurs
d’asile au chemin Roxham, Ottawa augmente encore les cibles d’immigration à partir de
2021, Québec se plaint de ne plus avoir la capacité d’intégrer autant de monde, et nous
voilà de retour dans une bataille politique Québec-Ottawa.

Deux visions s’affrontent. Pour Ottawa, l’immigration est un moteur économique
national ; pour Québec, c’est un défi de francisation et d’adaptation à la réalité
québécoise.

Pour les entreprises de la région, c’est enfin la chance d’obtenir des travailleurs pour
combler le grave problème de main-d’œuvre que nous vivons en région. Et voilà que
des travailleurs étrangers temporaires apprécient la vie d’ici et décident de demander la
résidence permanente. Le Canada est tellement accueillant qu’avec les programmes du
Gouvernement du Canada, il suffit d’avoir un bon niveau de langue, une expérience
qualifiée, et le tour est joué.

Depuis 2020, environ 30 à 50 % des nouveaux résidents permanents étaient déjà au
Canada comme travailleurs étrangers ou étudiants.
François Legault a « cassé du sucre » sur le dos de Justin Trudeau et, finalement, pour
satisfaire Québec, le gouvernement fédéral a resserré les règles, au grand désespoir
des commerces et entreprises de la région.

Comme les relations avec Québec n’étaient pas au beau fixe, les deux gouvernements
ne se sont pas consultés et les nouvelles règles du fédéral ont davantage été pensées
pour la grande région de Montréal que pour la réalité des régions comme la nôtre. Car
oui, nous avons besoin de travailleurs dans nos usines, en construction, en agriculture
et dans les restaurants. Ils sont maintenant partout ; vous voyez des travailleurs
étrangers tous les jours.

Une délégation de la région est allée à Ottawa la semaine dernière, mais elle est
revenue sans engagements ni résultats. Pourquoi, pensez-vous ? Tant et aussi
longtemps que les partis politiques au Québec n’auront pas un consensus ou une
position claire sur la question, Ottawa ne bougera pas, parce que nous sommes déjà en
campagne électorale au Québec. Pourquoi Mark Carney ferait-il des changements qui
risquent d’être contestés par le prochain gouvernement du Québec ?

Malheureusement pour nos gens d’affaires, tout le dossier des travailleurs étrangers est
politique. Et la politique, c’est toujours compliqué. Pendant ce temps, ce sont les
régions qui en paient le prix

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